L’émotion de la deuxième audition

Après l’émotion de la première audition viennent les émotions des auditions suivantes. Justement après ma visite d’aujourd’hui à Limoges, cette petite ville calme venait de passer en premier lieu de mes villes françaises préférées. Là, j’ouvre mon mail et paf! une deuxième convocation à une audition.

Il y a en économie un concept qu’on nomme l’élasticité (et qui n’est au fond qu’une dérivée) qui sert à expliquer (entre autres) que la dixième bouteille de soda que vous buvez vous procurera bien moins de plaisir que la première provoquant ainsi une baisse dans votre demande individuelle pour une bouteille de soda. En théorie ce devrait être pareil avec les auditions, ou enfin, avec n’importe quoi qui vous tienne à coeur. (En tout cas c’est comme ça qu’on me l’a expliqué au lycée.)

Moi, j’ai l’impression que mon élasticité vis-à-vis des auditions est presque nulle. La deuxième convocation à une audition a encore fait emballer mon coeur, j’ai encore des fourmillements au bouts des doigts. je suis encore émue de m’apercevoir que quelque part il y a des gens qui pensent que mon dossier vaut la peine – et j’ai trop trop hâte de rencontrer ces gens là.

(Uy Alba, il faudrait que tu mesures la portée émotionnelle de tes réactions me disait un ami l’autre jour.)

Dieu dans l’enseignement mathématique français (selon Pierre Colmez)

Dans les années 70, le programme enseigné dans le secondaire et dans les classes préparatoires réposait sur le slogan « Dieu créa l’ensemble vide et l’homme fit le reste. ». C’était un peu radical mais avait le mérite de présenter les mathématiques de manière cohérente et de montrer que l’on pouvait créer de nouveaux objets à partir d’objets déjà existants. La présentation en était malheureusement extrêmement dogmatique, et l’impression qu’on en retirait était plutôt que Dieu avait créé l’ensemble vide et la théorie des ensembles, et sur sa lancée, les entiers, les entiers relatifs, les nombres rationnels, puis les groupes, les anneaux, les corps et les espaces vectoriels, puis les nombres réels, ensuite il avait introduit des ε et des δ, puis créé la topologie…, et quand il avait enfin été content du résultat, il avait fait don aux hommes d’une théorie immuable et parfaite, à la beauté froide et lisse.

Le dogme a changé vers le milieu des années 90, et on est reparti sur le mode : « Dieu a créé les nombres réels, puis les nombres complexes, et envoyé Gauss sur terre pour expliquer qu’il n’y avait pas besoin de chercher plus loin. ».

Lu dans Éléments d’analyse et d’algèbre de Pierre Colmez.

C’était le livre de référence pour le premier cours de mathématiques que j’ai suivi en France. Pendant un moment c’était donc un livre de chevet pour moi. Si vous voulez avoir plus de son style hilarant, cherchez sa lettre de départ de l’École polytechnique, elle doit encore être disponible quelque part sur le net.

C’est un très beau livre, et un des rares dont je possède un exemplaire dédicacé. En effet, à l’époque où je vivais encore au Pérou, j’avais l’habitude de demander une dedicace orthographié aux célébrités mathématiques qui passaient de temps en temps. En France j’ai assez vite arrêté de le faire.

Le côté texte du format svg

SVG, c’est un format d’images vectorielles léger et utilisé un peu partout sur le net. En plus de ses qualités pour le web, c’est un format accepté par beaucoup de découpeuses laser.

C’est justement en travaillant avec un collègue sur la préparation des fichiers pour la découpe que j’ai compris qu’il s’agissait d’un format textuel. A vrai dire je n’avais jamais creusé le sujet auparavant. Je prenais pour évident que si tout le monde travaillait le svg avec des interfaces graphiques, c’est que c’était la bonne façon de faire.

Travailler en  interface graphique  sur des fichiers qui sont nativement dans un format de texte pose problème car on ne garde pas la main sur tout ce que le fichier contient. A force de faire du WYSIWYG (what you see is what you get), on peut se leurrer et penser WYSIWAG (what you see is all you get).

SVG n’est pas un format WYSIWAG. Par exemple le texte des trois fichiers SVG suivants qui seront affichés exactement de la même façon laisse voir que l’un de ces trois exemples est très différent des autres.

<?xml version="1.0"?>
<!DOCTYPE svg PUBLIC "-//W3C//DTD SVG 1.1//EN"
"http://www.w3.org/Graphics/SVG/1.1/DTD/svg11.dtd">
<svg version="1.1" viewBox="-10 -10 280 250"
xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
<path fill="none" stroke="red" d="M   0,  0 
C   0,0     0,100   0,100 C   0,100  30,100  30,100 
C  30,100  30,200  30,200 C  30,200  30,230  30,230 
C  30,230 130,230 130,230 C 130,230 130,200 130,200 
C 130,200 230,200 230,200 C 230,200 260,200 260,200 
C 260,200 260,100 260,100 C 260,100 230,100 230,100 
C 230,100 230, 0 230, 0 z"/></svg>

Chemin absolu en SVG

<?xml version="1.0"?>
<!DOCTYPE svg PUBLIC "-//W3C//DTD SVG 1.1//EN" "h
ttp://www.w3.org/Graphics/SVG/1.1/DTD/svg11.dtd">
<svg version="1.1" viewBox="-10 -10 280 250"
xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
<path fill="none" stroke="red" d=  "M   0,  0 
c 0,0   0, 100   0, 100 c 0,0  30,  0  30,  0 
c 0,0   0, 100   0, 100 c 0,0   0, 30   0, 30 
c 0,0 100,   0 100,   0 c 0,0   0,-30   0,-30 
c 0,0 100,   0 100,   0 c 0,0  30,  0  30,  0 
c 0,0   0,-100   0,-100 c 0,0 -30,  0 -30,  0 
c 0,0   0,-100   0,-100 z" />
</svg>

Chemin relatif en SVG

<?xml version="1.0"?>
<!DOCTYPE svg PUBLIC "-//W3C//DTD SVG 1.1//EN" "h
ttp://www.w3.org/Graphics/SVG/1.1/DTD/svg11.dtd">
<svg version="1.1" viewBox="-10 -10 280 250"
xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
  <polyline fill="none" stroke="red"
            points="  0,  0 
                      0,100  30,100 
                     30,200  30,230 
                    130,230 130,200 
                    230,200 260,200 
                    260,100 230,100 
                    230,  0   0,  0" />
</svg>

Polyligne au format SVG

En effet la figure dans polyline.svg est faite de « vrais » segments de droite, alors que dans les deux autres exemples les pièces dont la figure est construite sont des splines. On a tout fait pour que ces splines aillent tout droit, du coup l’image obtenu a la même tête dans les trois exemples. Mais moralement ce n’EST pas la même image.

Inventer des examens

J’ai enfin fini de rédiger le test blanc que je ferai passer à mes étudiants de L2 toute à l’heure.  *Non*, je n’ai pas fait de nuit blanche. Je ne me suis pas réveillée à 4 heures mais  à 5 heures. Ne plus travailler à 4 heures du matin faisait partie de mes bonnes résolutions pour le nouvel an et de temps en temps je m’en souviens.

La première fois où j’ai enseigné en fac’, il y de cela presque 10 ans, c’était dans une université péruvienne qui tenait à ce que les étudiants de Licence soient évalués toutes les deux semaines. En tant que chargée de TD,  c’était à moi d’inventer les tests de deux heures et de les corriger. Ayant quatre cours à charge,  j’avais deux tests à préparer et des dizaines de copies à corriger chaque semaine, en plus des feuilles d’exercices. Seulement dans un des quatre cours travaillait-on dans une équipe de chargée de TD (Calculus).

Autant vous dire qu’à l’époque je n’inventais pas d’exercices. Je les prenais dans des bouquins, et je m’arrangais pour que mes sources soient suffisement variées pour que les étudiants ne puissent pas deviner en avance les questions des examens.  Ce n’est qu’une fois que j’ai commencé à enseigner à Orsay que j’ai pu me mettre à inventer des exercices. Là bàs, pour tous les cours on travaillait dans une équipe enseignante.

Aujourd’hui à Saint-Denis j’ai à charge cinq cours, dont deux au deuxième semestre. Toute seule, sans équipe enseignante à mes côtés. Autant vous dire que j’ai réussi à mettre en place un contrôle continu seulement dans un des cours (Calcul Formel au premier semestre). Par contre, tous mes examens ont été originaux, avec des exercices inventés par moi-même.

Vu le travail que ça demande (e.g. trois jours pour faire l’examen de Java 1), il faudrait que je téléverse ensuite tout ça sur quelque part sur internet (GitHub?) et que je rends tout ça aisement trouvable. Un jour pas trop lointain de préférence. Je vous dirai quand ce sera fait.

L’émotion de la première audition

Comme chaque année depuis la fin de ma thèse, j’ai suivi le rituel des candidatures au postes de maître de conférence sur Galaxie.

Comme chaque année, tout de suite après la fermeture de la session synchronisée j’ai commencé à recevoir des réponses négatives.

La petite phrase fatidique :

Dossier recevable – Non auditionné-non admis à poursuivre le concours

a vraiment de quoi faire flancher le moral lorsqu’elle est répétée plein de fois.

Cela ne m’avait pas surpris la première année après la thèse – enfin de compte, j’avais soutenu sans aucune publication. Dès que j’ai fini ma thèse, j’ai réussi à tenir un rythme en recherche qui a au moins réussi à m’impressioner moi-même bien qu’il n’ait impressionné aucun comité de selection lors de mon deuxième tour de candidatures. La deuxième année j’étais bien plus triste de ne pas avoir eu d’audition d’autant plus que ma petite famille avait perdu la motivation de déménager pour des postes temporaires.

Imaginez donc ma joie lorsque la première semaine d’avril je reçois une convocation à une audition à Lille. Qui s’est avéré être un SCAM, un « bug« , une erreur de manipulation.

J’ai eu la chance de décrocher une promesse d’embauche à l’INRIA quelques jours après, pour un poste d’ingénieur de recherche de deux ans, sur un projet super-ultra intéressant aussi bien du point de vue mathématique que du point de vue de ces applications en accéssibilité. Ceci étant une nouvelle assez récente, je me réveille encore chaque matin en voyant la vie en rose, et je passe tout mon temps libre à m’initier aux modèles probabilistes de graphes (probabilistic graphical models), qui sont la clé de voute du projet auquel je m’intégrerais à l’INRIA. C’est sûr que ce poste à l’INRIA m’a aidé à faire face à la lecture répétée de la phrase fatidique :

Dossier recevable – Non auditionné-non admis à poursuivre le concours

sans tomber ni dans les pommes, ni dans un découragement professionnel profond.

Mais cette suite fatidique vient de changer !  Ce matin même, j’ai reçu le mail d’un comité de séléction à Limoges me convoquant à une audition. Je me rappellais très bien que j’avais passé du temps sur ce dossier – mais je l’avais aussi fait pour mes dossiers lillois, et après l’histoire du scam lillois j’étais assez méfiante. Après une vérification rapide sur Galaxie, dont les résultats sont encore absents, j’avais de gros doutes.

Quand j’ai vu mon sur la liste des auditionnés sur le site d’Opération Postes, j’étais dans un de ces états difficiles à décrire. Mais je vais quand même essayer de le décrire :

  • mon cœur bat à mille à l’heure ;
  • j’envisage un futur dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ;
  • je commence à avoir un peu le trac, mais je décide de laisser le trac pour après ;
  • je tiens plus en place, c’est comme si mes pieds voulaient m’emmener courir tout de suite.

Vous vous rendez compte, c’est ma première audition ! Limoges vient de remonter énormement dans mon classement de mes villes françaises préférées, et le XLIM a desormais tout le potentiel pour devenir mon laboratoire préféré de tous les temps. J’ai deux semaines pour préparer une audition en béton. Croisons les doigts ! Si c’était un tirage au sort, j’aurais 20% de chances de réussir, puisqu’il n’y a que cinq personnes convoquées à l’audition. Ce n’est pas un tirage au sort, je ferai donc de mon mieux pour dépasser ces 20% de chances d’avoir le poste, et on verra bien.

Même si le résultat est négatif, je continuerais à chérir Limoges et le XLIM dans mon cœur, comme on chérirait un vieil ami. Maintenant que l’émotion de la nouvelle est retombée, j’envisage  les résultats de l’audition avec beaucoup de calme, toujours grâce à l’INRIA. (Enfin de compte passer deux ans à faire de la structuration automatique de documents à l’INRIA c’est super classe aussi. Il faudrait peut-être que je vois comment intégrer ce projet dans mon audition à Limoges…)

Maths utiles au London Science Museum

C’était super de revenir au London Science Museum, que je n’avais pas visité depuis 2011-2012.

Mais c’est bien dommage que je n’ai pas pu voir ce que je souhaitais le plus revoir,  à savoir l’immense collection de modèles géométriques que ce musée possède. Je ne me rappelle plus quels modèles j’avais vu lors de ma première visite, mais je regrette de ne pas avoir pu m’y attarder plus à l’époque. Je me souviens comme si c’était hier que c’est dans ce musée que j’avais appris pour la première fois le role de Felix Klein dans la création et la diffusion de modèles en platre.

Le nouvel accrochage de la section maths du London Science Museum est aujourd’hui dédié uniquement aux mathématiques utiles. C’est fascinant comme tout, j’a par exemple pu y voir un analyseur différentiel, ou l’une des premières machines capable de reconnaitre des visages en faisant une analyse de formes. C’est fascinant et pourtant je suis restée sur ma faim… certes, je referais bientot des maths utiles et fascinantes, mais j’ai vu dans ma vie tellement de mathématiques fascinantes mais inutiles que ça m’a serré le coeur de ne pas les voir représentées au London Science Museum;

Un bénévole qui présentait au public ce jour-là quelques objets mathématiques imprimés en 3D m’a expliqué que le musée n’expose jamais à un moment donnée plus de 6 % de ses collections. En sachant ça, je comprends  que limiter l’exposition à des mathématiques utiles est une façon comme une autre de faire ces choix. Mais je veux encore revoir les modèles en platre – dans l’exposition actuelle il n’en reste que deux. J’ai acheté le livre du curateur de la section maths telle qu’elle est aujourd’hui qui est en quelque sorte le catalogue de ses choix, et je compte lui écrire quand j’aurais fini de lire le livre. Avec un peu de chance, je réussirais peut-etre à négocier une visite dans les magasins du musée pour revoir les objets que je voulais tellement revoir ?

En attendant, il est possible d’explorer le catalogue des collections du musée à l’adresse suivante  :

http://collection.sciencemuseum.org.uk/

 

Adorables anglais

Passage éclair à Londres aujourd’hui.

La sacoche que j’avais égaré à la Victoria Coach Station en rentrant de Bristol a été retrouvée. Et surtout, elle a été rendue!

Sachant que dedans il y avait l’ordinateur portable de mon département, je suis très contente de l’honnêteté des anglais. Je me préparais déjà à devoir le rembourser. Je vais le dire en anglais, au cas où la personne ayant retrouvé et rendu la sacoche au Lost Property Office me lirait un jour.

I love British people honesty. You are adorable. Thank you so much, my dear friends, for giving back my bag in spite of the high value of it’s content.

Et maintenant, avant de rentrer en France, je vais aller faire un tour à l’aile des mathématiques au London Science Museum, appelée Winton Gallery. Par conséquent mon prochain article parlera de ça. Je ne pourrais plus parler du colloque sur le temps des chercheurs, puisque je m’en suis absentée pour pouvoir récupérer rapidement l’ordinateur égaré.

Le retard permanent

Un colloque au centre interdisciplinaire d’Alembert à l’université Paris-Sud concernant la question du temps des chercheurs se tiendra ce jeudi 20 avril.

http://www.centre-dalembert.u-psud.fr/colloques/2017-quand-le-temps-nous-est-compte-questions-de-temps-dans-le-travail-academique/

Je compte bien y assister puisque la question me touche de près. Depuis que j’ai fini ma thèse je passe un temps absurde à chercher du travail chaque année pour l’année suivante. Soit dit en passant, pour la rentrée 2017 j’ai déjà trouvé un travail passionnant (encore temporaire mais donnant de bonnes perspectives pour la suite, j’en parlerai plus dans un autre article).

Mes aînés se plaignent de leur côté du temps passé à chercher des financements sur projet (les financements ANR, ERC et similaires). Voir par exemple cet article de Viviane Pons

http://openpyviv.com/2016/04/15/funding/

Il existe même un manifesto de « Slow Science », qui sera discuté au colloque de jeudi.

Personnellement je me suis mise à refléchir la dessus aujourd’hui car j’ai enfin fini ma « TODO list » de février aujourd’hui. Elle avait pourtant l’air assez raisonnable :

  • finir les corrections des examens et projets du premier semestre ;
  • imprimer quelques objets mathématiques ;
  • finir une relecture pour laquelle j’avais pris un retard considérable ;
  • faire les candidatures sur les postes de maître de conférences ouverts au fil de l’eau ;
  • écrire un nouvel article avec Serge.

Bon, pour être hônnete le nouvel article avec Serge n’est pas encore fini, mais presque (ça parle d’unique ergodicité dans un wind-tree générique). En tout cas, ma liste avait l’air tellement raisonnable que pour me forcer à bien avancer dessus je me suis dite que je n’écrirai pas dans le blog tant que je n’aurais pas fini au moins les corrections et la relecture. J’ai fini la relecture ce matin, ce qui explique mon long silence.

Pourquoi était-ce une liste pour février ? Eh bien, parce que je suis partie en février à Marseille pour un mois thématique et en optimiste invétérée j’imaginais que pendant ce mois sans enseignements j’aurais un temps fou pour m’occuper de tout ça. En pratique, au bout de deux semaines j’étais déjà fatiguée et au bout de trois semaines complètement épuisée. Résultat : je n’ai pu faire qu’une maigre fraction de ce que je voulais faire pendant que j’étais là-bas. En tout cas, Marseille c’était magique, comme d’habitude. J’ai croisé un nombre incroyable de personnes incroyables, j’ai initié plusieurs nouveaux projets en recherche et en vulgarisation, et j’ai enfin pu dîner au CIRM avec mon bébé. L’histoire du CIRM et les bébés mériterait aussi un article à part mais je commence à me dissiper alors je m’arrêterai là pour aujourd’hui puisque j’ai encore une centaine de mails accumulés à lire, 6 heures de cours à préparer et un examen blanc à écrire.

Ars longa, vita brevis

Vita brevis, ars longa, occasio praeceps, experimentum periculosum, judicium difficile. (Hippocrate)

Autrement dit, la vie s’eclipse alors que l’art perdure, l’opportunité s’enfuit,  l’expérience est hasardeuse et le jugement, difficile.

« Ars » peut s’interpreter ici comme art ou métier. (Nota bene : je ne parle pas latin, ma traduction est donc secondaire.)

Lu sur le blog de Peter Norvig dans son article Teach Yourself Programming in Ten Years (en français: Apprenez à programmer en dix ans)