Une fourmi sur un cube

Imaginons une fourmi sur un cube. On la pose sur un sommet et une fois posée, elle décide d’aller visiter un autre sommet du cube. Comme la fourmi est bien sage, quand elle avance, elle va tout droit. Meme quand elle passe une arete du cube, elle va tout droit dans le sens suivant : si l’on met les deux faces adjacentes du cube à plat, le chemin devient droit dans le sens habituel. C’est ce qu’on appelle un chemin géodésique sur le cube. Si la fourmi arrive sur un sommet, elle est trop contente et elle s’arrete puisque n’importe comment elle ne saurait pas par ou continuer.

La fourmi pourra satisfaire son dessein, comme illustré sur les patrons de cube ci-dessous.

Représentations de chemins géodésiques entre un sommet du cube et les autres sommets
Représentations de chemins géodésiques entre un sommet du cube et les autres sommets

(Ici, la fourmi est sur le sommet A, et on a dessiné des chemins qu’elle pourrait suivre pour aller sur les sommets B, C, D, E, F.)

Eh bien, il y a une dizaine de jours j’ai appris que la fourmi ne pourrait pas revenir au sommet dont elle est partie. C’est un théorème (dont j’ai oublié l’auteur).  Apparament on ne sait toujours pas si dans un dodécaèdre il est possible de revenir au sommet de départ.

Pour finir, je précise que je n’ai aucune idée si une vrai fourmi suivrait des chemins géodésiques sur un cube. Sorry…

P.S. Il manque quelques accents, je sais, c’est parce que j’écris avec un clavier italien.

Deuxième anniversaire (de thèse)

Cela fait deux ans aujourd’hui que j’ai soutenue ma thèse.

Comme toutes les thèses françaises récentes, elle est disponible sur le serveur theses.fr, à l’adresse suivante :

http://www.theses.fr/2014PA112413

Ces deux années m’ont marqué au moins autant que les trois ans de thèses : j’ai demenagé plusieurs fois, j’ai changé de poste trois fois, j’ai eu des tonnes d’enseignements, un deuxième enfant, quatre publications et pré-publications (j’aurais bien aimé dire des tonnes de publications mais non… ça viendra)

… et puis mon directeur de thèse est mort
… il y a trois mois

… aujourd’hui, j’ai encore du mal à penser à ma thèse sans qu’une tonne de souvenirs ne revienne et que la tristesse ne m’attrape. Tout de suite après sa mort, j’ai pensé à lui faire une exposition hommage, j’ai quelques idées en tête pour illustrer les mathématiques qu’il faisait, des modules à destination du grand public… j’ai aussi été rattrapée par la culpabilité – mon directeur de thèse était tellement célèbre et en même temps il m’a dédié tellement d’heures que je sens que pour lui faire justice il faudrait que j’aie une carrière académique impeccable – et pourtant, ce n’est pas vraiment le cas. Je devrais au moins publier mes articles de thèse. Mais quand je pense qu’il ne sera pas là pour le lire j’ai mal à l’esprit. N’importe comment, il faut que je le fasse…

Dessin à la craie sur un tableau representant un train à vapeur.
Le train de la vie.

…le train de la vie va trop vite… même cet article qui aurait dû être beaucoup plus long finira là, tout de suite car il me faut préparer mon cours de demain (et parce que ce ne serait pas joli, joli de me mettre à pleurer dans une bibliothèque publique).

Strasbourg 2016 – partie 1

Quatrième journée à Strasbourg.

Cela faisait longtemps, je suis ici et je me dis tout d’un coup que la vie va trop vite. Deux ans sans les petites patisseries de l’IRMA, quelle triste vie, les patisseries alsaciennes rendent la vie plus heureuse. En tout cas, ça m’a fait un bien fou de repartir en conférence. De plus, le colloque organisé par Femmes 6 Maths incluait quelques tuyaux utiles sur les candidatures aux postes de chercheur et enseignant-chercheur en France, que je partagerai avec vous le moment venu.

Dans ce premier colloque, le Forum des jeunes mathématicien-ne-s, j’ai fait un exposé dynamique sur la recherche que je fait avec Serge sur les Wind-Trees. C’était la prémière fois que je faisais un exposé publique de mathématiques avec Slidy à la place de Beamer – que j’ai décidé de ne plus utiliser à cause de ces défauts d’accéssibilité. Ma copine Juliana a pris des photos, j’en rajouterai une à l’article quand elle me l’aura envoyée.

Un deuxième colloque, de la série « Parole aux jeunes chercheurs… »,  commence lundi. Là je n’ai pas été invitée à donner un exposé, mais je suis déjà très contente que les organisateurs m’ait couvert la majorité des frais de mon déplacement. Du coup là je vous laisse pour préparer un poster histoire d’etre prete si jamais il y a une séance de poster. (Et si il y en a pas, j’aurais un nouveau poster et c’est tant mieux.)

Pour finir, voici quelques photos de mon séjour à Strasbourg. Dites-moi dans les commentaires sur quelles images vous voudriez plus de renseignements et je la décrirai dans un prochain article.

Première visite au LUTIN

Je travaille actuellement dans un laboratoire qui est reparti sur plusieurs sites : Nanterre, Saint-Denis, Paris… C’est un laboratoire pluri-disciplinaire. Le nom complet du labo c’est Cognition Humaine et Artificielle ou CHArt. Lien : cognition-usages.org

Personnellement, je travaille sur le site THIM à Saint-Denis et je ne connais pas très bien les autres sites. (Il faut comprendre que je n’ai pas beaucoup de temps, trois mois c’est vraiment court quand on enseigne trois cours, tous les trois pour la première fois.)

Hier, c’était le premier jour des journées CHArt, la réunion annuelle du laboratoire. La réunion avait lieu au site LUTIN qui se trouve à la Cité des Sciences. C’était donc ma prémière visite au LUTIN.

Bon, bon, je me rélis et je me rends compte que j’ai passé beaucoup de temps à écrire des préliminaires. Être concise devrait être ma prochaine bonne résolution du nouvel an. Passons au compte rendu de la journée (informel, vous lisez un blog, pas un site institutionnel).

Il y a eu pas mal de choses qui m’ont impressioné durablement. Comme ce gars qui a équipé une classe entière de lunettes munies de « eye tracking » et qui a trouvé que les enfants regardant plus leur camarade que leur enseignant étaient ceux qui réussissaient le mieux. Ou comme cette collègue qui a trouvé qu’une simple image de deux yeux vous regardant fermement augmentait considérablement l’effort cognitif.

J’ai alluciné avec la visite du LUTIN. Ils avaient plein de « eye trackers » y compris un directement adapté à un écran qui permettait une navigation ultra-simplifiée sur l’écran pour ceux qui, comme moi, sont obligés de tout regarder avec un zoom très rapproché. Je le veux!

Les nouveaux membres du labo, dont moi, ont fait une présentation de leurs travaux de recherche. J’ai parlé un petit peu de billards et pour faire le lien avec les sujets du labo j’ai parlé de la chambre en miroir à titre exemple de mes activités de vulgarisation. Il faudrait que je vous raconte ça un jour ici.

Le chef du labo m’a demandé si je faisais du SFALC ou « science facile à lire et à comprendre ». Question intéressante – j’ai répondu avec la vérité : non. Quand je fais de la médiation scientifique, je saute habituellement le matériel écrit. Ici, sur le blog je ne fais que me défouler. Si je devais en plus réflechir à chaque fois à la compréhension du lecteur, je ne m’en sortirais plus, il n’aurait plus de blog. Mais l’idée en soi est très attrayante. Ceci dit, le jour ou j’aurais le temps d’écrire un article MFALC, je le posterai sur Images des Maths plutôt qu’ici.

Belle année

Flèches représentant le champ de vecteurs (−y,x) dans la région max(|x|, |y|)≤2. Ce dessin a été réalisé avec Sage.
Un simple champ de vecteurs qui fait tout tourner en rond.

Je vous souhaite à tous une belle année 2016.

A très bientôt, reprendre une publication régulière sur mon blog fait partie de mes résolutions pour le nouvel an.

P.S. Sur l’image, un champ de vecteurs, devinez lequel?

Le cercle rond e(s)t le cercle plat

○≈

Eh, oui, topologiquement un cercle est un segment de droite avec les extrémités identifiées. Rien n’empêche donc de le dessiner comme un segment ce qui est souvent bien pratique (il est plus facile de tracer une ligne plus ou moins droite qu’un cercle).

En 2011, quand Sylvie m’avait parlé pour la première fois de l’ordre de Sharkovskiy, elle avait commencé par dire: “système dynamique sur le cercle” tout en dessinant un segment sur le tableau… c’était le début d’une belle aventure. Merci Sylvie!