Ars longa, vita brevis

Vita brevis, ars longa, occasio praeceps, experimentum periculosum, judicium difficile. (Hippocrate)

Autrement dit, la vie s’eclipse alors que l’art perdure, l’opportunité s’enfuit,  l’expérience est hasardeuse et le jugement, difficile.

« Ars » peut s’interpreter ici comme art ou métier. (Nota bene : je ne parle pas latin, ma traduction est donc secondaire.)

Lu sur le blog de Peter Norvig dans son article Teach Yourself Programming in Ten Years (en français: Apprenez à programmer en dix ans)

Look at the CAT

Measurement is when you look at the cat

Dit par Harald au detour d’un déjeuner mathématique où Greg nous expliquait la théorie d’information quantique. Il parlait du chat de Schrödinger – moi j’ai pensé qu’il parlait de CAT0, CAT1, etc. Enfin bref, ça me fera une blague mathématique en plus à raconter en soirée.

Proof of concept : exemple de coloration syntaxique

J’ai donné en devoir de mon cours de WordPress de rajouter la coloration syntaxique en utilisant le fichier
style.css
d’un thème et non pas un plug-in. Je viens de le faire sur mon propre blog – dont voici un exemple d’utilisation. Je mettrai en ligne une explication plus complète quand mes étudiants m’auront rendu leurs mini-projets.

Exemple de code Java coloré et commenté :

Plutôt que d’utiliser des branchements if-else imbriqués, je préfère utiliser un switch.

switch(choixDuProgramme)
{
    case 0: 
        //instructions du premier programme
        break;
    case 1: 
        //instructions du deuxième programme
        break;
    case 2:
        //instructions du troisième programme 
}

Remarque : Dans ce code il n’y a pas de cas default car on s’assure de façon anticipé que la variable choixDuProgramme ne prenne que les valeurs 0, 1 ou 2.
Normalement il faudrait capturer une exception et la traiter mais nous n’avons pas encore travaillé cela en cours.

Résolutions de nouvel an – 2017

Comme chaque année, le nouvel an apporte son lot de bonnes résolutions :

  • Rire plus
  • Lire plus
  • Écrire plus

Non, non, non, aujourd’hui je ne vais pas faire un lot de banalités generalistes. Plus sérieusement, je veux :

  • Écrire mes articles de thèse (et aussi celui de mon mémoir de master).
  • Faire un module de vulgarisation sur les puzzles d’Arnoux-Yoccoz.
  • Finir de lire le livre de géométrie algébrique de Griffiths & Harris.
  • Lire les bouquins de Papadopoulos et celui de Franchi sur la géométrie hyperbolique.
  • Finir de lire toutes les notes de cours de l’école AGRA.
  • Ne plus rater des appels à post-doc.
  • Aller faire un exposé à Bristol. Et tant qu’à faire, aussi à Moscou.
  • Revenir à Trieste. Et à Strasbourg. Et tant qu’à faire, pourquoi pas à Séoul.
  • Lire à ma fille en polonais :
    • tous les livres sur Harry Potter;
    • tous les livres sur le roi Macius.
  • Commencer à coder pour Android – même si je n’ai plus de smartphone, pour le jour où j’en aurai de nouveau un:
    • un clavier avec les symboles mathématiques en Unicode;
    • un éditeur de texte où l’on puisse écrire – et lire – des maths facilement.
  • Faire une série de surfaces plates en découpant du tissu – y compris des anamorphoses cartographiques.
  • Finir ma série de cartes terrestres sur des surfaces hyperboliques.
  • Apprendre Ruby.
  • Recommencer à frequenter des séminaires mathématiques réguliers.
  • Ne plus jamais préparer des leçons la veille du cours (ni à 4 heures du matin).
  • Finir d’imprimer la collection d’objets 3D d’Imaginary.
  • Collaborer pour de vrai avec les membres de mon labo.
  • Aller chez le médecin quand le besoin s’en fait sentir – et non plus avec 6 mois de retard.
  • Regarder mon agenda tous les matins.
  • Ne plus oublier de prendre les suppléments de fer – ni de vitamine B12 – quand il le faut.
  • Ne plus oublier de me laver les dents.
  • Continuer la série de chambres en miroir.
  • Revenir à AIMS en Afrique – et à l’IMCA au Pérou.
  • Lire l’article de Nakeya sur la regression géographique dans la recherche en santé.
  • Écrire dans ce blog au moins une fois par semaine – même si c’est du vrac.
  • Convertir ce blog en un site que je serai fière de mettre dans mon CV.
  • Organiser mes archives et les déposer sur GitHub.
  • Faire un exposé dans une conférence de programmeurs.
  • Ne plus rater de musée le premier dimanche du mois.
  • Passer plus de temps avec mon bébé.
  • Recevoir mon premier guest sur Couchsurfing.
  • Ne pas prendre de retard sur les corrections de devoirs, examens etc.
  • Ouvrir une chaine vidéo (Youtube, Vimeo, DailyMotion ou ce blog, pas encore décidé).
  • Ne plus rater des ouvertures de poste.
  • Reprendre la route en autostop.
  • Arrêter de dire des généralités.

 

Une fourmi sur un cube

Imaginons une fourmi sur un cube. On la pose sur un sommet et une fois posée, elle décide d’aller visiter un autre sommet du cube. Comme la fourmi est bien sage, quand elle avance, elle va tout droit. Meme quand elle passe une arete du cube, elle va tout droit dans le sens suivant : si l’on met les deux faces adjacentes du cube à plat, le chemin devient droit dans le sens habituel. C’est ce qu’on appelle un chemin géodésique sur le cube. Si la fourmi arrive sur un sommet, elle est trop contente et elle s’arrete puisque n’importe comment elle ne saurait pas par ou continuer.

La fourmi pourra satisfaire son dessein, comme illustré sur les patrons de cube ci-dessous.

Représentations de chemins géodésiques entre un sommet du cube et les autres sommets
Représentations de chemins géodésiques entre un sommet du cube et les autres sommets

(Ici, la fourmi est sur le sommet A, et on a dessiné des chemins qu’elle pourrait suivre pour aller sur les sommets B, C, D, E, F.)

Eh bien, il y a une dizaine de jours j’ai appris que la fourmi ne pourrait pas revenir au sommet dont elle est partie. C’est un théorème (dont j’ai oublié l’auteur).  Apparament on ne sait toujours pas si dans un dodécaèdre il est possible de revenir au sommet de départ.

Pour finir, je précise que je n’ai aucune idée si une vrai fourmi suivrait des chemins géodésiques sur un cube. Sorry…

P.S. Il manque quelques accents, je sais, c’est parce que j’écris avec un clavier italien.

Deuxième anniversaire (de thèse)

Cela fait deux ans aujourd’hui que j’ai soutenue ma thèse.

Comme toutes les thèses françaises récentes, elle est disponible sur le serveur theses.fr, à l’adresse suivante :

http://www.theses.fr/2014PA112413

Ces deux années m’ont marqué au moins autant que les trois ans de thèses : j’ai demenagé plusieurs fois, j’ai changé de poste trois fois, j’ai eu des tonnes d’enseignements, un deuxième enfant, quatre publications et pré-publications (j’aurais bien aimé dire des tonnes de publications mais non… ça viendra)

… et puis mon directeur de thèse est mort
… il y a trois mois

… aujourd’hui, j’ai encore du mal à penser à ma thèse sans qu’une tonne de souvenirs ne revienne et que la tristesse ne m’attrape. Tout de suite après sa mort, j’ai pensé à lui faire une exposition hommage, j’ai quelques idées en tête pour illustrer les mathématiques qu’il faisait, des modules à destination du grand public… j’ai aussi été rattrapée par la culpabilité – mon directeur de thèse était tellement célèbre et en même temps il m’a dédié tellement d’heures que je sens que pour lui faire justice il faudrait que j’aie une carrière académique impeccable – et pourtant, ce n’est pas vraiment le cas. Je devrais au moins publier mes articles de thèse. Mais quand je pense qu’il ne sera pas là pour le lire j’ai mal à l’esprit. N’importe comment, il faut que je le fasse…

Dessin à la craie sur un tableau representant un train à vapeur.
Le train de la vie.

…le train de la vie va trop vite… même cet article qui aurait dû être beaucoup plus long finira là, tout de suite car il me faut préparer mon cours de demain (et parce que ce ne serait pas joli, joli de me mettre à pleurer dans une bibliothèque publique).

Strasbourg 2016 – partie 1

Quatrième journée à Strasbourg.

Cela faisait longtemps, je suis ici et je me dis tout d’un coup que la vie va trop vite. Deux ans sans les petites patisseries de l’IRMA, quelle triste vie, les patisseries alsaciennes rendent la vie plus heureuse. En tout cas, ça m’a fait un bien fou de repartir en conférence. De plus, le colloque organisé par Femmes 6 Maths incluait quelques tuyaux utiles sur les candidatures aux postes de chercheur et enseignant-chercheur en France, que je partagerai avec vous le moment venu.

Dans ce premier colloque, le Forum des jeunes mathématicien-ne-s, j’ai fait un exposé dynamique sur la recherche que je fait avec Serge sur les Wind-Trees. C’était la prémière fois que je faisais un exposé publique de mathématiques avec Slidy à la place de Beamer – que j’ai décidé de ne plus utiliser à cause de ces défauts d’accéssibilité. Ma copine Juliana a pris des photos, j’en rajouterai une à l’article quand elle me l’aura envoyée.

Un deuxième colloque, de la série « Parole aux jeunes chercheurs… »,  commence lundi. Là je n’ai pas été invitée à donner un exposé, mais je suis déjà très contente que les organisateurs m’ait couvert la majorité des frais de mon déplacement. Du coup là je vous laisse pour préparer un poster histoire d’etre prete si jamais il y a une séance de poster. (Et si il y en a pas, j’aurais un nouveau poster et c’est tant mieux.)

Pour finir, voici quelques photos de mon séjour à Strasbourg. Dites-moi dans les commentaires sur quelles images vous voudriez plus de renseignements et je la décrirai dans un prochain article.

Première visite au LUTIN

Je travaille actuellement dans un laboratoire qui est reparti sur plusieurs sites : Nanterre, Saint-Denis, Paris… C’est un laboratoire pluri-disciplinaire. Le nom complet du labo c’est Cognition Humaine et Artificielle ou CHArt. Lien : cognition-usages.org

Personnellement, je travaille sur le site THIM à Saint-Denis et je ne connais pas très bien les autres sites. (Il faut comprendre que je n’ai pas beaucoup de temps, trois mois c’est vraiment court quand on enseigne trois cours, tous les trois pour la première fois.)

Hier, c’était le premier jour des journées CHArt, la réunion annuelle du laboratoire. La réunion avait lieu au site LUTIN qui se trouve à la Cité des Sciences. C’était donc ma prémière visite au LUTIN.

Bon, bon, je me rélis et je me rends compte que j’ai passé beaucoup de temps à écrire des préliminaires. Être concise devrait être ma prochaine bonne résolution du nouvel an. Passons au compte rendu de la journée (informel, vous lisez un blog, pas un site institutionnel).

Il y a eu pas mal de choses qui m’ont impressioné durablement. Comme ce gars qui a équipé une classe entière de lunettes munies de « eye tracking » et qui a trouvé que les enfants regardant plus leur camarade que leur enseignant étaient ceux qui réussissaient le mieux. Ou comme cette collègue qui a trouvé qu’une simple image de deux yeux vous regardant fermement augmentait considérablement l’effort cognitif.

J’ai alluciné avec la visite du LUTIN. Ils avaient plein de « eye trackers » y compris un directement adapté à un écran qui permettait une navigation ultra-simplifiée sur l’écran pour ceux qui, comme moi, sont obligés de tout regarder avec un zoom très rapproché. Je le veux!

Les nouveaux membres du labo, dont moi, ont fait une présentation de leurs travaux de recherche. J’ai parlé un petit peu de billards et pour faire le lien avec les sujets du labo j’ai parlé de la chambre en miroir à titre exemple de mes activités de vulgarisation. Il faudrait que je vous raconte ça un jour ici.

Le chef du labo m’a demandé si je faisais du SFALC ou « science facile à lire et à comprendre ». Question intéressante – j’ai répondu avec la vérité : non. Quand je fais de la médiation scientifique, je saute habituellement le matériel écrit. Ici, sur le blog je ne fais que me défouler. Si je devais en plus réflechir à chaque fois à la compréhension du lecteur, je ne m’en sortirais plus, il n’aurait plus de blog. Mais l’idée en soi est très attrayante. Ceci dit, le jour ou j’aurais le temps d’écrire un article MFALC, je le posterai sur Images des Maths plutôt qu’ici.

Machine de Turing en papier

Après une semaine très lourde passée à faire jour et nuit un dossier de candidature (je vous dirai où si je suis prise ! ), j’ai passée une matinée agréable à découper du papier.

 

Quatre morceaux de papier imprimés, réliés pour representer une machine de Turing.
Machine de Turing en papier

Voici donc, la machine de Turing en papier conçue pour l’espace Turing par Marc Monticelli et compagnie.

C’est pour introduire le projet sur lequel travaillerons mes étudiants du cours de Java. C’est cool hein? Dans quelques jours, la démo – je profiterai de mon trajet à Strasbourg pour illustrer l’usage de cet ordinateur de papier.

Boîte mystérieuse et démonstration 3D

Ce matin je suis partie de chez moi avec une grosse boîte sur un diable. Pourquoi? Bah, parce que hier matin il neigeait à Palaiseau. Si je l’avais prise hier, le contenu de la boîte aurait pu souffrir des dommages.

Le trajet s’est assez bien passé. J’en ai profité pour prendre des photos.

Boîte cartonnée, posée sur un diable. L'ensemble se trouve devant un escalier assez long - la fin de l'escalier se perd à l'horizon.
La boîte mystérieuse devant les escaliers qui mènent à la gare du RER

Au moment d’arriver aux escaliers j’ai pris à gauche. Même si la boîte était assez légère, le diable était lourd.

Boîte cartonnée posée sur un diable. L'ensemble se trouve sur un quai de gare RER, tout près des voies.
La boîte mystérieuse à sa gare de départ.

On est parties…

Une boîte en carton posée sur un diable devant un panneau qui déclare : « RER SNCF • À bientôt! • See you soon! • ¡ hasta pronto ! • RER B»
La boîte mystérieuse arrive à la fin du trajet en RER.

On est arrivées…

Une boîte en carton, entre-ouverte, les voir une imprimante 3D de type « delta », chaudement enveloppée dans du papier à bulles.
Le contenu de la boîte se dévoile enfin.

Et enfin au bureau j’ai déballé la belle μDelta d’Imaginary France.

(Vous remarquerez que j’ai fini par devoiler ce qu’il y avait dans la boîte, ah, je suis moins cruelle que je n’en ai l’air.)

Cette imprimante 3D avait été acheté par la section française d’Imaginary pour les démonstrations lors de la tenue de stands à la Fête de la Science, le salon de Culture et Jeux Mathématiques et des forums similaires. Recemment, elle a par exemple été à Savante Banlieue à Villetaneuse et à la Fête de la Science du LRI à Bures-sur-Yvette. Cette μDelta a été achetée avec un financement de la Diagonale Paris-Saclay.

Je l’ai rapportée aujourd’hui à la fac’ de Saint-Denis justement pour faire une démo cet après-midi. C’était une démo spéciale pour le service handicap. Je pourrais vous parler longuement de l’usage de l’impression 3D pour l’accessibilité de la vulgarisation mathématique aux aveugles mais ce sera pour une autre occasion.

J’ai rapporté quelques objets déjà prêts. Par exemple le chapeau Nepali, la terre pseudosphérique et Taube :

Trois objets mathématiques imprimés en 3D. De gauche à droite : la surface Népali, qui ressemble à un chapeau asiatique pointu, en plastique
Nepali, terre pseudospherique et Taube

La démo s’est très bien passée, car (heureusement) j’avais réussi à préparer l’imprimante avec la calibration semi-automatique.

L'imprimante 3D μDelta déposée sur un bureau et entourée d'une sélection d'objets 3D. L'imprimante a trois pattes, qui en font une espèce de tour. En haut de la tour il y a une bobine de plastique. L'imprimante possède un écran LCD qui permet de la commandé, ici, il affiche la temperature et l'état de l'imprimante, par exemple.
μDelta et compagnie prêtes pour la demo

Pour la fin, un peu de “eye-candy” et les citations de rigueur. Voici l’ensemble des objets que j’avais rapportés pour la démonstration d’aujourd’hui :

Des objets 3D éparpillés sur une écharpe rouge. On y voit, pele-mele, la surface Schnééflocke, en bleu, la terre pseudosphèrique, la surface Kolibri, la surface Népali, les pièces d'un puzzle du cube Soma, la surface Taube, un papillon, et la pyramide du puzzle Fire.
Objets 3D éparpillés…

Dans le lot il y a :

  • des surfaces algébriques de la collection de l’institut FORWISS (Schneeflocke et Nepali, ce sont les deux objets les plus grands);
  • un puzzle de George Hart (Fire);
  • un papillon articulé de Laura Taalman alias mathgrrl;
  • et le pour le reste des modèles, c’est moi l’auteur.

Bonne nuit!